FENETRE SUR LE COURT-METRAGE CONTEMPORAIN : DEBORDS
DIMANCHE 20 MAI A 14H30 A LA CINEMATHEQUE
FENETRE SUR LE COURT-METRAGE CONTEMPORAIN
PROGRAMME 19 : DEBORDS
« Or ces parcelles de voix qui ne tombent pas dans nos oreilles, elles vont se perdre plus loin et se dispersent à travers les airs », tels sont les derniers mots du film de Frank Smith qui, alors que l'écran est noir, se font entendre. A l'instar de cette ultime affirmation, Le Vent, le vent est animé par un geste paradoxal : donner à voir une parole, la creuser, à partir du manque. Les images de l'immensité vide du Sud des Etats-Unis accompagnent le texte d'Emmanuel Hocquard, « Aer ». Mais elles forment un brouillard qui déborde le sens, et qui permet de voir au-delà de ce qu'on voit. D'humain, il n'y a plus que des traces : routes, voitures, éoliennes... Le spectateur est confronté à la densité d'une nature minérale qui agit comme un champ magnétique pour l'oeil et sa pensée.
Dans Tweety Lovely Superstar, d'Emmanuel Gras, les coups de marteaux qui mettent à terre un immeuble vétuste créent la caisse de résonance du film. On est au Liban, des signes l'attestent. Mais bientôt, la conjonction de ceux-ci avec la théâtralité concrète de la scène dépassent le cadre initial et débouchent sur une poésie métaphysique.
Enfin, bien que très éloigné, par la forme, des deux précédents, le film de Nicolas Engel, joue intrinsèquement d'un décalage entre le perçu et le vu. Ce débord advient parce que le film est enchanté au sens propre, c'est-à-dire que personne n'y prend la parole autrement qu'en chantant. Il constitue un hommage réussi à l'univers de Jacques Demy où les histoires sentimentales individuelles finissent par retourner au fond commun du tragique de l'existence humaine.
François Bonenfant
Le Vent, le vent
de Frank Smith
France/2006/33'/vidéo
Avec la voix d'Emmanuelle Riva.
Sur, à travers, des images tournées en Arizona et en Californie, un texte d'Emmanuel Hocquard, “Aer”, est dit.
Suivi de
Tweety Lovely Superstar
d'Emmanuel Gras
France/2005/18'/vidéo
Quatre hommes et un enfant en haut d'un immeuble. Leur travail : le détruire. Leurs outils : leurs bras.
Suivi de
Les Voiliers du Luxembourg
de Nicolas Engel
France/2006/24'/35mm
Avec Nathan Rosselin, Rosena Horan, Manuel Vallade, Juliette Laurent.
Les voiliers des Jardins du Luxembourg : de petites embarcations poussées par le vent, qui se croisent, s'évitent et se heurtent parfois. Le bateau d'Edith et de son fils César rencontre celui d'un inconnu ; un homme qui va les dévier du trajet de leur vie.
http://www.cinematheque.fr/fr/nosactivites/projections/court-metrage-contempora/manifestation/V3476-programme-19-debords.htm
SOURCE /
fsmith@club-internet.fr


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